mardi 14 février 2017

Tanzanie du nord : du lac Victoria au Kilimandjaro..







La Tanzanie, ce sont d’immenses espaces cuits par le soleil d’Afrique, des montagnes et des volcans jaillis des entrailles de la Terre, de grands lacs (lac Tanganyika, lac Victoria), des animaux sauvages et libres (certains toujours menacés, comme les rhinocéros et les éléphants), des troupeaux par milliers (par millions dans le cas des gnous), des paysages dignes du jardin d’Éden, des steppes aux herbes folles, des savanes à l’infini ponctuées d’acacias et de baobabs, le tout sur un territoire vaste comme presque deux fois la France.


Cartes de la Tanzanie









Sur la carte de droite, on voit qu'au nord de la Tanzanie à la frontière avec l'Ouganda et le Kenya se situe le lac Victoria puis plus à l'est les plaines du Serengenti, les lacs Eyasi et Manyara et le Kilimandjaro.

La Tanzanie est un pays de l'Afrique de l'est en bordure de l'océan indien. Peuplée d'environ 53 millions d'habitants, essentiellement des bantous. Sa capitale est Dodoma située dans l'intérieur des terres mais le principal pôle économique est l'ancienne capitale Dar es Salam située sur la côte.

Au nord-ouest du pays réside le plus grand lac d'Afrique :  le lac Victoria

Le lac Victoria


Ce lac situé à la frontière de la Tanzanie, de l'Ouganda et du Kenya, a été découvert par l'explorateur anglais John Hanning Speke en 1858, durant le règne de la veuve de Windsor, d'où son nom (lac Victoria).

Musoma, ville de Tanzanie au bord du lac Victoria


Le lac Victoria niché à 1134m d'altitude est le plus grand lac d'eau douce d'Afrique et le deuxième au monde. D'une superficie de 68 100 km², il est la source du Nil Blanc (Bahr-el-Abiad), le plus grand affluent du Nil. Il fait vivre plus de 30 millions de personnes qui vivent sur ses rivages au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie et représente à ce titre un véritable poumon économique pour l'Afrique de l'Est.


Des pêcheurs déchargent leurs prises sur le  bord du lac
La pêche et la préparation du poisson sont les activités principales de la région et font vivre les populations locales. Le lac Victoria abrite en effet un écosystème abondant : c’est le lieu de prédilection de nombreuses espèces de poissons comme les perches du Nil, tilapias et autres poissons chat. Malheureusement la perche du Nil est un féroce prédateur qui a pratiquement épuisé la faune aquatique locale (qui comptait plus de 200 espèces de poissons) tout en accroissant la dépendance des pêcheurs.

A ce titre, le récent film "le cauchemard de Darwin" a mis en perspective le commerce de la perche du Nil vers l'Europe, les conditions effroyables de vie des habitant victimes d'une économie qui leur échapperait et dont l'un des bénéficiaire serait le marché de l'armement, alimentant des conflits qui ravagent la région, même si la réalité est sans doute plus nuancée.

De surcroît, le lac sert de déversoir pour les industries, les égouts et les entreprises de nettoyage tout en profitant aux habitants dans leurs tâches quotidiennes : consommation d'eau, vaiselle, lavage... Au Kenya, sur de nombreuses plages de pêcheurs, les mêmes scènes quotidiennes se répètent : des femmes viennent puiser l'eau non loin de la berge polluée.


Véhicules se faisant laver sur le bord du lac

Aussi beaucoup d'hommes moyennant un salaire modique lavent quotidiennement voitures et camions dans le lac. Pourtant, un panneau indique clairement que cette activité est illégale. Bien sûr, les personnes qui font ce travail le savent bien : elles participent à la pollution du lac et à la détérioration de leur santé mais comment faire pour subvenir à ses besoins primordiaux : manger ?

Les conditions de travail et le manque d'hygiène fait que 100% des laveurs de voiture ont la bilharziose. Cette dernière est une maladie tropicale qui touche plusieurs centaines de millions de personnes dans le monde et qui se contracte au contact de l'eau souillée. Cette contamination se traduit par des réactions cutanées : rougeurs, prurit puis trois semaines plus tard apparaissent une fièvre et une éruption cutanée. La présence du parasite peut entraîner des complications intestinales, pulmonaires et neurologiques. Il est très rare de voir des personnes en bonne santé parmi celles qui ont des activités liées au lac.

Les principales  villes tanzaniennes sur les rives du lac sont  Mwanza, Bukoba et Musoma. 

Mwanza, grande métropole du lac

 

 



Mwanza est la 2eme ville du pays et compte près de 3 millions d'habitants . C'est un important centre d'activités économiques. Autour de la ville de Mwanza, la terre est principalement consacrée à l’agriculture. Les plantations de thé, de coton et de café dans toute la région produisent de grands volumes de cultures de rente qui passent à Mwanza en route vers le marché. Le port et les rues animées de la ville en font un lieu prospère à explorer.
Pour les visiteurs, la ville fait une bonne base de départ pour explorer le parc national à proximité de l’ile de Rubondo et les parties occidentales du Serengeti. Le parc national de l’ile de Rubondo propose des randonnées d’une journée - et des oiseaux agréables à regarder autour de la rive du lac. La proximité de Mwanza à l’ouest du Serengeti en fait une halte privilégiée pour les visiteurs qui veulent découvrir une partie la moins visitée du parc et de voir la magie du Serengeti sans la parade des véhicules de safari et des foules de saison.

Femmes et enfants Sukuma de Tanzanie

Mwanza est aussi le centre de la tribu Sukuma, qui représente le plus grand groupe ethnique de la Tanzanie et représente jusqu'à 12% de la population. Ils n'ont pas un esprit de clan très marqué. Regroupés dans la région sud du lac Victoria, ils vivent essentiellement de la culture du coton et de l'élevage depuis des siècles.

La plaine du Serengeti et son parc national

 

La plaine du Serengeti (parfois Sérengéti) est une savane de 60 000 km2 à cheval sur la Tanzanie et le Kenya. Serengeti signifie « plaines sans fin » en langue maa.
Théâtre de la migration annuelle de milliers d'animaux, elle abrite plusieurs parcs et réserves nationaux, dont le parc national du Serengeti.




Dans les vastes plaines du Parc national de Serengeti, sur 1,5 million d’hectares de savane, la migration annuelle de deux millions de gnous, plus des centaines de milliers de gazelles et de zèbres –  suivis de leurs prédateurs – à la recherche de pâturages et d’eau est un des spectacles les plus impressionnants qu’offre la nature dans le monde. La diversité biologique du parc est très grande, avec au moins quatre espèces animales mondialement menacées ou en danger : le rhinocéros noir, l’éléphant, le chien sauvage et le guépard.


 La plaine de Serengeti est le lieu de la plus grande migration animale restant intacte dans le monde, dans laquelle plus d’un million de gnous plus des centaines de milliers d’autres ongulés s’engagent dans un trek circulaire annuel de 1 000 km, à cheval sur les deux pays voisins du Kenya et de Tanzanie. Ce phénomène spectaculaire a pour cadre un paysage exceptionnel de « plaines infinies » : 25 000 km2 d’étendues sans arbres de courtes savanes spectaculairement plates, parsemées de crêtes crénelées (kopjes), et de rivières et de zones boisées. Le Parc présente aussi une des plus grandes et des plus diverses interactions prédateurs-proies du monde entier, ce qui en fait une expérience esthétique particulièrement impressionnante.

Le remarquable gradient spatio-temporel de facteurs abiotiques tels que les précipitations, la température, la topographie et la géologie, les sols et les systèmes de drainage dans le Parc national de Serengeti se manifeste dans de très divers habitats aquatiques et terrestres. La combinaison de sols volcaniques et de l’impact écologique de la migration a pour résultat un des écosystèmes les plus productifs de la Terre, supportant le plus grand nombre d’ongulés et la plus forte concentration de grands prédateurs dans le monde. L’écosystème contient deux millions de gnous, 900 000 gazelles de Thomson et 300 000 zèbres, qui sont les troupeaux dominants. Les autres herbivores sont les suivants : 7 000 élans, 27 000 damalisques, 18 000 bubales, 70 000 buffles, 4 000 girafes, 15 000 phacochères, 3 000 cobs, 2 700 éléphants, 500 hippopotames, 200 rhinocéros noirs, dix espèces d’antilopes et dix espèces de primates. Les grands prédateurs comprennent 4 000 lions, 1 000 léopards, 225 guépards, 3 500 hyènes tachetées et 300 chiens sauvages. Parmi ceux-ci, le rhinocéros noir Diceros bicornis, le léopard Panthera pardus, l’éléphant africain Loxodonta africana et le guépard Acynonix jubatus figurent sur la Liste rouge de l’UICN. Il y a plus de 500 espèces d’oiseaux qui sont en permanence ou saisonnièrement présentes dans le Parc, dont cinq espèces sont endémiques de la Tanzanie. Le Parc a la plus nombreuse population d’autruches de Tanzanie et probablement d’Afrique, ce qui fait que cette population revêt une importance mondiale.

Les gorges d'Olduvai 

 

Les gorges d’Olduvai se trouvent dans la partie nord-est de l’Aire de Conservation du Ngorongoro (NCA), à proximité du Serengeti. Là, dans ce paysage semi-désertique profondément marqué par l’érosion, un petit centre d’accueil explique avec modestie l’importance de ce site pour la connaissance de nos origines. Fouillé dès 1931 par Mary et Louis Leakey, le site livra en effet les premiers ossements de l’Australopithecus boisei, ou « Zinjanthrope », ainsi que de l’Homo habilis.




 Terre rouge et blanche, profond canyon entaillant la terre, soleil de plomb… le lieu a tout de la création du monde. De la plate-forme d’observation, la vue court loin vers l’horizon mais c’est sous les pieds que le plus intéressant réside. Certes, ce n’est pas le plus visuel et il faut une bonne paire de jumelles pour apercevoir la plaque qui célèbre la découverte en 1959, par Mary et Louis Leakey, du crâne d’Australopithecus boisei, plus connu sous on petit nom de  « Zinjanthrope », un de nos lointains ancêtres. Cette découverte sera suivie en 1973, de nombreux autres ossements d’Homo habilis. Installée au fond d’un canyon interdit d’accès, la plaque est encore entourée de fragments de pierres taillées. Entreprises en 1931, les fouilles ont livrées quantité de fossiles d’animaux vieux, pour certains, de plus d’1,8 million d’années.Appelé « berceau de l’Humanité », le lieu doit sa richesse aux événements géologiques qui se sont succédés dans la région au fil des millénaires. Un lac fréquenté par la faune et donc par les peuples de chasseurs-cueilleurs, un ensevelissement rapide suite à une intense activité volcanique, une érosion importante…cette conjonction de facteurs favorables, assez unique, a permis aux époux Leakey de tracer les premiers jalons de l’origine de l’Homo sapiens. 


Selon Mary Leakey, qui a écrit de nombreux ouvrages sur la question, la fréquentation du site d’Olduvai par les hominidés peut être divisée en deux grandes périodes : l’Oldowayen (présence de galets taillés et de quelques proto-bifaces) et l’Acheuléen (1,3 million d’années, bifaces et petit outillage sur éclat). Le site mériterait plus d’entretien et de nouveaux aménagements afin de rendre sa visite plus palpitante. Il y a là beaucoup à apprendre, tout reposera donc sur les connaissances de votre guide. Si le sujet des origines de l’homme vous passionne, vous pouvez aussi prévoir de visiter les autres sites archéologiques de l’Aire de Conservation du Ngorongoro : Laetoli et l’abri sous roche de Nasera qui renferment des os fossiles d’Australopithecus boisei (1,75 million d’année), d’Homo habilis ainsi que des empreintes de pas d’hominidé datant de 3,6 millions d’années, trouvées en 1975.



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